1-2-3, soleil

1-2-3, soleil

De Johanne Gaudet, directrice de la galerie Go Art| 2026-06-15T12:33:49-05:00 15 juin 2026|Exposition virtuelle|

Elle ne part jamais sans ses crayons, ses tubes d’acrylique, ses calepins et ses tablettes. Ce sont les premières pièces qu’elle case dans sa valise. «Je ne passe pas une journée sans dessiner, ici ou en voyage.  Je ne sais pas à quoi m’attendre quand je m’assois à ma table de travail, je m’imprègne du vivant, que ce soit le vent lorsqu’il souffle fort, la mer sous ses jours gris, les conversations animées sur les terrasses, l’histoire du lieu que je visite». C’est en Espagne que Carole Arbic a posé ses calepins cet hiver. Elle est de retour avec une nouvelle série de dessins qu’elle présente à Go Art en primeur: Andalousie.

Autoportrait, Carole Arbic, 2026. Vue sur un mur du Museo ceramica, Triana, Séville.

Johanne Gaudet : Je suis curieuse de savoir si ton séjour en Andalousie a eu un impact sur tes dessins ?

Carole Arbic : Oui, et c’est agréable de se laisser influencer par le vivant des lieux que je visite. Tout peut intervenir: la température, l’architecture, le mobilier urbain, les végétaux. En plus, j’avais apporté très peu de mon matériel artistique, aussi j’ai dû composer avec celui-ci, j’ai dû me concentrer pour me consacrer à ce que je vivais là-bas.

J.G : Au premier coup d’oeil, le soleil semble omniprésent dans ton choix de couleurs…

Flamenco, Carole Arbic, 2026 (série Andalousie)

C.A : Bien vu ! J’utilise l’orangé et le jaune plus que de coutume, c’est l’effet des journées ensoleillées, mais c’est aussi la présence des oranges aux arbres, partout, sous nos yeux, à portée de main, fruits mûrs à cueillir et tellement odorants !

Tu as peut-être remarqué qu’on retrouve des courbes ressemblant à des demi-cercles allongés ou pointus dans mes dessins. C’est une inspiration directe de l’architecture du paysage mauresque. On voit des arcs partout, ils découpent l’espace et apportent de la rondeur dans l’environnement : les arcs des ponts et des aqueducs, les forêts de colonnes dans les cathédrales, les forteresses, les bains.

Un oiseau dans la Mezquita, Carole Arbic, 2026 (série Andalousie)

J.G : Les arcs, les coupoles, et les faïences ?

C.A :  J’ai été comblée en constatant l’omniprésence de la céramique dans les espaces publics et privés. Entière ou en morceaux, on préserve la céramique, on la conserve, on en rajoute, on vit avec elle. J’ai été touchée par la beauté des panneaux en céramiques polychromes, les mosaïques des carrelages, les carreaux de faïence qui ornent les façades et les intérieurs. Ces décors de splendeur m’ont touchée car j’aime intégrer à mes dessins et à mes peintures des retailles et des collages, mon côté conservation, préservation.

Après les turbulences (Torremolinos), Carole Arbic, 2026

J.G: Dernière question, Carole. Dans une de tes causeries, tu as raconté l’importance des croquis que tu dessinais dans tes calepins de voyage. Est-ce que tu as croqué l’Andalousie dans des calepins ?

C.A : J’ai toujours des calepins en voyage, et je fais encore des croquis sur place ou à ma table à dessin. Cependant, j’avoue que mon cellulaire prend de plus en plus de place pour capturer des images qui me rappellent les émotions que j’ai ressenties.

Petit labyrinthe -2, dessin extrait du Calepin de voyage en Andalousie, Carole Arbic, 2026