Signé Louise Robert

Signé Louise Robert

De Johanne Gaudet, directrice de la galerie Go Art| 2020-09-07T17:59:08-05:00 7 septembre 2020|Portrait|

L’artiste Louise Robert a confié à Go Art la vente de quatre (4) sérigraphies, des oeuvres qui ont été réalisées dans les années 1980, à l’atelier Graff. Je savoure ce privilège avec d’autant plus de bonheur que ces oeuvres vont transiter directement de son atelier où elles se terrent depuis 40 ans, pour reprendre vie chez ceux et celles qui les acquerront.

De quoi s’agit-il ? Les sérigraphies de Louise Robert ne sont pas monnaie courante, à peine cinq (5) sur un corpus de plus de 1 500 oeuvres ! Si leur rareté en fait des pièces exceptionnelles, mentionnons que chaque exemplaire est unique puisque rehaussé par l’artiste qui a rajouté, ici et là, une découpe, un collage, de la peinture métallique, une ligne au crayon. Voici ce qu’en dit Louise Robert :

« Je suis peintre, je ne suis pas une artiste de multiples. Les sérigraphies que j’ai signées sont toutes issues de dessins que j’ai faits et qui ont été imprimés aux ateliers Graff, par des graveurs chevronnés. Je me souviens que Michel Bourguignon a gravé No U Turn (1974), Pierre Ayot et Élisabeth Mathieu ont imprimé les autres, des maîtres à qui je n’ai pas hésité à confier mes dessins. Je les reprenais par la suite, question de les mettre à ma main. »

Les sérigraphies de Louise Robert nous révèlent-elles un langage plastique différent de ses peintures ?

« Dans les années 1980, j’avais déjà un passé en tant que peintre, avec une pratique singulière qui me distinguait. Je travaillais déjà avec les mots, pour créer un univers poétique; les lignes apparaissaient comme des figures récurrentes, tout comme les coulisses, les diagonales, les découpes. C’est la même chose maintenant. Regarde l’œuvre sous-titrée les lignes du temps”, regarde comme elles resurgissent encore aujourd’hui dans mes peintures, tel un retour avec le thème de la mémoire. J’ai souvent adapté mon langage plastique à l’actualité et je me rappelle avoir utilisé des couleurs phosphorescentes dans les années 1970, comme le rose nananeet le vert lime, pour la sérigraphie No U Turn par exemple.»

Chacune des sérigraphies a sa propre histoire. Prenez la gravure Où est le Yucatan, créée en 1984. À cette époque, Louise introduit dans ses oeuvres plusieurs éléments liés à l’univers du désert : sable, roches, cactus, palmiers. Elle n’y a jamais mis les pieds mais le désert la fascine. En 1986, elle utilise les mêmes éléments pour créer une immense murale pour le foyer du Cinéplex Odéon à Laval. Son titre? Où est le Yucatan. (La murale et le cinéma sont aujourd’hui disparus).

Qu’aimeriez-vous dire, Louise, aux gens qui acquerront vos sérigraphies ? « Quand je revois ces oeuvres, c’est toujours émouvant car c’est ma vie que je vois et tout le processus de création que j’ai vécu depuis 40 ans, recherche, expérimentation, intuition, évolution. Ce qui m’importe à présent, c’est que mes oeuvres apportent de la beauté et de la chaleur auprès des gens chez qui elles vivront. »

Voir les oeuvres et lire le portrait de l’artiste.