L’art en temps de confinement – 4

L’art en temps de confinement – 4

De Johanne Gaudet, directrice de la galerie Go Art| 2020-05-21T11:45:44-05:00 20 mai 2020|Art et société|

En ce temps de pandémie et de confinement forcé, je ressens plus que jamais l’importance des arts et de la culture pour donner du sens aux chambardements personnels et sociaux que nous expérimentons. Je conçois que les artistes ne sont pas des devins mais je suis convaincue que leurs mots, leurs coups de crayon, leur musique sont des clés pour déverrouiller les portes de l’inconnu et nous donner accès à la lumière.

En m’inspirant du Questionnaire de Proust, un jeu d’humeur et d’esprit popularisé par l’écrivain français Marcel Proust, j’ai composé une série de questions que j’ai soumises aux artistes de Go Art. Ils et elles ont accepté d’y répondre pour partager avec vous, de façon ludique, leurs états d’âme sur les grandeurs et les misères de cette période de vie peu ordinaire. Je les remercie pour leur enthousiasme à partager et je vous invite à répondre vous aussi aux questions et à y jouer avec les gens de votre entourage.

(Note : Marcel Proust est considéré comme le romancier du confinement ! )

Se lancer des défis de création : Louise Robert

Où es-tu Louise, que fais-tu? Je suis une confinée heureuse ! Bien sûr, je ressens de l’ennui et de la privation, surtout en ce qui concerne mes relations amicales. En revanche, pour faire contre mauvaise fortune bon coeur,  je m’adonne à la lenteur dans mon atelier et dans mes déplacements, j’exerce mon sens de l’observation dans les files d’attente et je m’incline sans peine à la recommandation de s’en tenir à l’essentiel, dans le sens du respect de la santé publique. J’accepte d’autant plus que j’ai conscience de la difficulté pour beaucoup de vivre pendant cette période, avec des niveaux élevés de privation.

Quel est l’impact du confinement sur ta création? J’ai rapidement décidé de m’adapter à la situation. Je fais des aller-retour à mon atelier pour peindre mes tableaux,  mais j’ai aussi installé un atelier temporaire à la maison où je m’adonne au dessin. Sans dévier de mes thèmes habituels – lignes, mots, effacements – je me suis fixée un défi de création : utiliser un minimum d’outils – 5 crayons couleur, 8 crayons au pastel, 2 tubes de peinture à l’huile, 1 noir et 1 blanc – et utiliser des mots à incruster dans mes dessins à partir d’un échange quotidien avec une amie. C’est d’ailleurs elle qui a trouvé le nom de la série, Mots croisés, et des mots comme Torpeur, Rose désir, Des lignes de temps.

Louise Robert

Mots croisés 005, Louise Robert, 2020

L’art en temps de confinement : questionnaire

1.Quel mot décrit le mieux ton état (physique /psychologique) depuis le début du confinement? La lenteur

2.Quelle qualité possèdes-tu pour survivre au confinement ? L’entêtement

3. À part les services de santé, nomme un service essentiel pour les artistes?  La SAQ

4.Quelle couleur aimes-tu associer au confinement? Rose

5.Quelle forme associes-tu au coronavirus ? Pieuvre

6.Quelle fable ou maxime (ou proverbe ou déclaration) te procure la motivation qu’il faut pour créer? La fable Le lièvre et la tortue (Certainement pas Ça va bien aller !)

7.Quelle oeuvre du patrimoine mondial reflète le mieux la période que nous traversons? La Grande Muraille de Chine

8.Quel est le titre d’une oeuvre que tu as créée pendant la pandémie ? L’atelier de la lenteur (voir ci-haut)

9. Quel mot décrit le mieux ta foi à l’égard des arts et de la culture, dans la société? 

La vie, quoi !

Mot de Louise aux lectrices et aux lecteurs : On peut tous avoir un «atelier de la lenteur» dans sa tête et dans son coeur.  À chacun de le trouver.