La 40

«Toute image est le récit d’un regard posé sur quelque chose.» 

(Une histoire des images, David Hockney et Martin Gayford, Solar, 2017)

Mot de Johanne Gaudet : La 40 fait partie d’un corpus d’oeuvres que j’ai regroupées pour une exposition virtuelle, éventuellement physique, intitulée « Carnet de voyage ». Le parcours artistique que je vous propose d’explorer avec moi est composé de 9 oeuvres choisies de Denis Forcier. Chacune constitue un chemin de traverse, l’un pour aller voir des vaches qui lorgnent le chemin de fer, un autre nous conduit dans le Quartier chinois, un autre encore nous attire dans une arrière-cour, pour humer l’odeur fleurie du linge qui sèche au vent. Les oeuvres peintes de Denis Forcier sont magiques : en portant des lunettes 3D, on expérimente un phénomène optique appelé anaglyphe, les plans se détachent et ajoutent de la profondeur aux tableaux.

Accompagnez-moi dans ce parcours, avec ou sans lunettes 3D, en compagnie de l’artiste qui nous partage les souvenirs de ses pérégrinations par monts et par vaux. Connu pour ses expérimentations plastiques, vous allez découvrir un être rêveur, animé par la curiosité et sa passion pour le territoire.

Johanne Gaudet : Ma question va te sembler étrange mais je me demande pourquoi tu as peint l’autoroute 40, une autoroute sans relief, sans attrait, longue à mourir…

Denis Forcier : La 40 a longtemps été, pour moi, une route essentielle, celle qui me transportait vers mon lieu de travail, à Joliette et à Trois-Rivières.  À force de l’emprunter, elle m’a charmé.  Je l’ai vue vivre, s’animer… Le printemps, elle nageait dans l’eau qui débordait du fleuve; l’hiver, sous les bordées de neige ou balayée par les bourrasques, elle me causait bien des tourments. J’ai aussi été témoin d’accidents graves. Étrangement, je me suis mis à trouver cette route intéressante, j’ai pu admirer les champs qu’elle traverse, sentir le fleuve à proximité et, comme on dit, faire de la route c’est voyager dans sa tête, rêvasser, se questionner, se laisser aller, etc.

JG : As-tu quitté la 40 de temps à autre pour aller voir au-delà ?

DF : Je l’ai souvent quittée pour emprunter le Chemin du Roy qui sillonne le fleuve. C’est même en explorant les environs que j’ai découvert une base de plein-air sur le Lac St-Pierre où j’ai appris à faire de la planche à voile. L’endroit est propice aux sports nautiques car il y a beaucoup de vagues à cause des vents forts, et aussi à cause des bateaux qui y passent. Et puis, parmi les souvenirs impérissables de mes séjours dans ce coin-là, il y a le motel La belle étoile. Dans chaque chambre, des étoiles phosphorescentes tapissaient le plafond … et illuminaient nos nuits !

Suivez le Carnet de voyage de Denis Forcier, un parcours deses oeuvres peintes

«Sur la route», cliquez sur chacune des oeuvres pour voir : (1) Horizon (2)Moto

«Les chemins de traverse», cliquez sur chacune pour voir:(1) Bic (2) La cour (3) Les vaches

«Déambulations dans la ville», cliquez sur chacune pour voir : (1)Pizzamag, (2)Quartier chinois, (3)Rue de Québec