Kittie Bruneau

Kittie Bruneau (1929 - )

Kittie Bruneau est une artiste peintre née en 1929. À une époque où très peu de femmes choisissent de faire carrière en arts visuels, Kittie Bruneau s’y engage contre vents et marées. Familière avec les courants artistiques qui font école ici et en Europe, elle n’en développe pas moins son propre langage plastique et traite librement de sujets qui la touchent, notamment l’état du monde, les relations humaines, mais aussi les légendes et les symboles.

Ses peintures éclatent de couleurs vives et, dans une exubérance ludique, Kittie Bruneau juxtapose et superpose des animaux, des objets, des visages et des masques dont l’agencement fait peur autant qu’il peut faire rire.

Méconnue du grand public malgré l’étendue de sa production et ses nombreuses expositions, Kittie Bruneau vit sa passion pour l’art et la peinture, sans compromis, depuis 60 ans.

Kittie (Madeleine) Bruneau est née à Montréal le 12 octobre 1929. Dès son plus jeune âge, deux passions l’animent  : la danse et la peinture.  À 18 ans, elle fait de brèves études à l’École des beaux-arts de Montréal, études qu’elle abandonne pour poursuivre son parcours artistique en danse. Elle part en France se perfectionner en ballet ; pendant dix ans, elle y séjourne et y fait carrière dans différents corps de ballet, dont la troupe de Maurice Béjart.  De retour au Québec en 1958, sa passion pour la peinture refait surface et Kittie se met à l’œuvre pour parfaire sa formation et expérimenter sa voie créatrice : elle étudie la gravure, obtient un diplôme de l’Ecole des beaux-arts de Montréal et un brevet d’enseignement en arts plastiques.

Imagination fertile et exubérance Malgré la condition misérable des femmes artistes de son époque, Kittie Bruneau choisit d’embrasser une carrière artistique et signe une œuvre prolifique qui compte aujourd’hui près de 3 000 œuvres, des estampes, des dessins, des peintures.

Kittie Bruneau a développé son propre langage plastique, difficile à classer ; certains experts qualifient son œuvre de néo-expressioniste, d’autres l’associent au post-automatisme ou à l’art naïf. Néanmoins, ils s’entendent tous pour parler d’une œuvre haute en couleur, animée par une imagination fertile et forte d’un lyrisme qui dépeint sa vision de la condition humaine.

Ses compositions aux formes primitives et stylisées proposent une imagerie puissante qui provoque une sensation troublante, alors que l’amusement et la frayeur se côtoient. Ses sujets – quête identitaire, relations humaines, état de la nature et du monde –  elle les puise dans les nombreux voyages qu’elle effectue en Asie, en Inde, en Amérique du Sud et surtout, lors de ses séjours d’été en Gaspésie, sa région d’adoption depuis 50 ans.

Kittie Bruneau a participé à une centaine d’expositions, solo ou en groupe, et les gouvernements québécois et canadiens ont reconnu son talent en lui accordant de nombreuses bourses de recherche et de création.  Toutefois, l’artiste est toujours restée en retrait de la scène officielle, poursuivant sans relâche la seule voie qu’elle a choisie d’explorer, celle de l’art et de la peinture.

Dorota Kozinska, critique d’art et commissaire d’exposition : «Peintre des peintres, Bruneau exerce son métier avec l’exubérance d’un enfant et la perspicacité d’un sage. Elle s’inspire d’une multitude de symboles, de son propre registre de notations visuelles qui se manifeste sous forme de poissons, d’oiseaux, de bateaux, mais aussi de visages et de masques, oscillant ainsi entre réalité et fantaisie, monde intérieur et extérieur, sans jamais trahir son propre lexique visuel.» KOZINSKA, Dorota, «Kittie Bruneau : Fire Walker» (Marcher sur les braises, traduction : Chantal Quintric Léveillé), The Montrealer, 2 décembre 2015.

Ariane Émond, journaliste et documentariste : « Au crédit de Kittie Bruneau, pas moins de 2000 œuvres utilisant des techniques variées, pas mal de gravures, mais d’abord et avant tout des peintures, reconnaissables entre toutes : un univers figuratif riche en symboles construit à l’écart des discours esthétiques. Une vision bien personnelle des relations humaines, du rapport à la nature, des cultures en péril. Une manière d’exprimer la souffrance, la domination, l’amour aussi. ÉMOND, Ariane, «Kittie Bruneau, peintre : la liberté en toile de fond», Gazette des femmes, vol. 22, no 4, novembre 2000, p.30-33.

Kittie Bruneau

Générations III
Prix: 1750$ avec cadre